LIÈGE
Liège, c’est une ville qui a du caractère et qui ne fait pas toujours dans la discrétion.
Entre son riche passé, son architecture et son folklore, la Cité ardente a toujours quelque chose à raconter.
On y retrouve des spots emblématiques comme la montagne de Bueren, la gare des Guillemins, le parc de La Boverie ou encore le Perron de Liège.
Mais Liège, c’est aussi une vraie culture de la fête, de la gastronomie et du fameux peket.
Ici, on aime profiter, bien manger et refaire le monde autour d’un verre.
Bref, Liège, c’est une ville authentique, vivante et parfois un peu bordélique… mais c’est aussi ça qui fait son charme.

50°38′54″ N, 5°34′38″ E
Montagne du Bueren
La Montagne de Bueren a été terminée en 1880, après une décision prise par le conseil communal en 1875. À l’origine, cet immense escalier devait permettre aux soldats de la garnison de la Citadelle de rejoindre rapidement le centre-ville en cas d’invasion ou de soulèvement populaire. Plutôt pratique en théorie.
Mais il y avait aussi une raison un peu moins héroïque : les soldats n’avaient plus le droit de passer par la rue Pierreuse, où se trouvaient de nombreux estaminets et prostituées. Visiblement, certains militaires avaient tendance à prendre beaucoup trop leur temps sur le chemin du retour. L’escalier était donc aussi une manière de leur faire prendre un itinéraire un peu plus… direct.
Ces fonctions n’ont finalement duré qu’une dizaine d’années, puisque la Citadelle a été déclassée en 1891.Avec ses 374 marches, la Montagne de Bueren rappelle également l’histoire des 600 Franchimontois. Menés par Vincent de Bueren et Gossuin de Streel, fervents défenseurs de Liège, ils ont tenté, dans la nuit du 29 octobre 1468, de capturer Charles le Téméraire et Louis XI. Une mission qui, disons-le, ne s’est pas exactement déroulée comme prévu (comme vous pourrez le voir par la suite).Chaque premier samedi d’octobre, depuis 1994, l’escalier prend une toute autre ambiance lors de la Nocturne des Coteaux de la Citadelle. Plongé dans l’obscurité, il est illuminé par plusieurs milliers de bougies, offrant un spectacle assez incroyable.Mais la Montagne de Bueren, ce n’est pas seulement un joli décor ou un excellent moyen de tester son cardio. Avec une pente de 28 %, elle est aussi devenue le terrain de plusieurs exploits sportifs. En juillet 2020, Louis-Philippe Loncke a gravi et descendu les marches 135 fois, avec un sac à dos de 15 kg, pendant 65 heures et 30 minutes, afin de simuler l’ascension de l’Everest et de dépasser les 9 000 mètres de dénivelé.
Autant dire qu’après ça, monter les 374 marches une seule fois paraît presque raisonnable.
50°38′28″ N, 5°35′5″ E
Tchantchès
Tchantchès, c’est probablement le Liégeois le plus célèbre… alors qu’il n’a jamais réellement existé. Figure emblématique du folklore liégeois, et plus particulièrement du quartier d’Outremeuse, il est à l’origine une marionnette à tringle issue des théâtres populaires de Liège.
À ses débuts, Tchantchès n’est pas forcément la star du spectacle. Il sert à amuser le public entre les scènes et commente les histoires jouées sur scène, avec son franc-parler et son caractère bien trempé. Mais il devient rapidement tellement populaire qu’il finit par voler la vedette aux autres personnages à partir des années 1860. Pas mal pour quelqu’un qui, à la base, était plutôt là pour faire patienter le public.Son look évolue au fil du temps avant de devenir celui que l’on connaît aujourd’hui : pantalon à carreaux noirs et blancs, sarrau bleu, foulard rouge à pois blancs et casquette noire. Une tenue inspirée des ouvriers de la fin du 19e et du début du 20e siècle. Pas vraiment le genre de look qu’on retrouverait aujourd’hui sur les podiums… quoique.Impossible également de parler de Tchantchès sans mentionner son célèbre nez rouge. Son origine fait partie des nombreuses légendes qui entourent le personnage, tout comme son incroyable histoire : selon la tradition populaire, il serait né entre deux pavés d’Outremeuse en 760, aurait rencontré Charlemagne et participé à la bataille de Roncevaux. Un CV plutôt impressionnant pour une marionnette.
Au fil du temps, Tchantchès est devenu bien plus qu’un simple personnage de théâtre. Avec son côté populaire, son franc-parler, son caractère parfois têtu et son attachement à la liberté, il est devenu une véritable représentation de l’esprit liégeois.
Bref, si Liège devait avoir une mascotte, elle aurait probablement un gros nez rouge, un caractère bien trempé et quelques vérités à balancer.


50°38′29″ N, 5°34′08″ E
Le carré
Le "Carré", c’est probablement l’un des quartiers les plus animés de Liège. Avec ses dizaines de bars, cafés, restaurants, un cinéma et même le Forum, une salle de spectacle mythique en Belgique, il y a presque toujours quelque chose qui s’y passe. Ajoute à ça une importante population étudiante et tu obtiens un quartier qui semble fonctionner pratiquement 365 jours par an.Aujourd’hui entièrement piétonnier, le Carré doit son nom à son organisation particulière. Ses rues ont été aménagées dès le Moyen Âge selon un plan en forme de quadrillage, avec des rues parallèles et perpendiculaires. Plutôt pratique pour se repérer… enfin, en théorie, surtout après une longue soirée.Au fil des siècles, le quartier a vu défiler pas mal d’histoires, et quelques traces de son passé sont toujours visibles.
Par exemple, dans la rue d'Amay se trouve la demeure dite des Seigneurs d’Amay. Construite en 1544, elle fait partie des plus anciennes habitations privées encore présentes à Liège. En effet, les maisons antérieures ont presque toutes été démolie par Charles le Téméraire (encore lui...) en 1468.Aujourd’hui, ce bâtiment historique abrite un joli restaurant italien.
50°37′29″ N, 5°34′01″ E
LA GARE DES GUILLEMINS
La gare des Guillemins fait aujourd’hui partie intégrante du paysage liégeois. Avec sa gigantesque structure blanche, difficile de la rater. Pourtant, avant de devenir cette gare futuriste inaugurée en 2009, elle a connu plusieurs vies… et plusieurs démolitions.1842 : une première gare, construite en bois, voit le jour avec l’arrivée du chemin de fer à Liège. À l’époque, les trains ne peuvent pas encore descendre directement vers le centre-ville à cause de la pente. Le système est donc assez particulier : en descente, les freins font le boulot, mais pour remonter, les trains doivent être tirés grâce à un système de câbles et de treuils. Pas vraiment le TGV, mais pour l’époque, ça faisait le taf. Cette première gare restera en service pendant une vingtaine d’années.1863 : l’État décide de voir les choses en un peu plus grand et construit une véritable gare en dur, dans un style typique de l’époque. Le bâtiment sera ensuite agrandi et modifié à plusieurs reprises, notamment à l’occasion de l’Exposition universelle de Liège en 1905. Mais après presque un siècle de bons et loyaux services, elle disparaît en 1956 pour laisser place à une gare beaucoup plus moderne.1958 : inaugurée le 1er juillet, la nouvelle gare adopte un style audacieux pour l’époque, avec une immense façade presque entièrement vitrée. Moderne, lumineuse et très différente de la précédente, elle représente alors le Liège des années 1950. Mais quelques décennies plus tard, il faut déjà penser à la suite.2007-2009 : l’ancienne gare est démolie pour laisser place à celle que l’on connaît aujourd’hui, pensée notamment pour accueillir le trafic à grande vitesse. Le projet est confié à l’architecte et ingénieur espagnol Santiago Calatrava. Après plusieurs années de travaux, la nouvelle gare des Guillemins est inaugurée en 2009.
Avec ses immenses arches blanches, son toit spectaculaire et ses quelque 200 mètres de long, elle donne presque l’impression qu’un énorme squelette de baleine aurait décidé de s’installer au milieu de Liège.Aujourd’hui, la gare des Guillemins n’est plus seulement un endroit où l’on vient attraper son train à la dernière minute. Elle est devenue un véritable symbole architectural de la ville et l’une des premières choses que découvrent de nombreux visiteurs en arrivant à Liège.

LATOS
FIND YOUR PLACE